vendredi 23 septembre 2011

la Pampa...


Commençons  cet article par une définition:
La pampa (en Quechua la Plaine) est un milieu naturel formé de prairies, savanes et brousses tempérés. C'est une plaine fertile recouverte d'herbe et dépourvue d'arbres.
On appelle "pampa" les vastes région d'Amérique du Sud où ce milieu s'étend, qui couvrent une zone de près de 750 000 km² incluant les provinces argentines de Buenos Aires, La Pampa, Santa Fé et Cordoba.  

 
Cette steppe infinie a rempli l'imaginaire argentin, sa littérature, son cinéma et son histoire. En s'appropriant ces terres, les européens y ont établis de immenses domaines, appelés estancias, où l'élevage des bovins est devenue l'activité principale. Buenos Aires, la capitale est une ville de 13 millions d'habitants, soit quasiment un tiers de la population Argentine. Le reste des terres a peu à peu été investit mais reste principalement vide, non cultivé et sans limite.


Si vous venez jusqu'en Argentine, vous serez forcément tenté par ces paysages et la découverte de ces paysages infinis. Et peut être que vous cèderez en vous disant: "Je vais partir en Week end dans la pampa, louer une voiture, visiter un peu et découvrir cette région!".

Et quelle bonne idée vous auriez. Mais avant de vous laissez emporter par votre enthousiasme, quelques conseils peuvent être utils!

1°: Évaluez bien les distances

Les argentins ont une vision particulière, ou tout du moins bien différente de la notre, des distances. Comme trois heures de collectivo ne suffisent pas à traverser Buenos Aires, une journée de bus ne permet  pas de traverser la moitié du pays. De Puerto Iguazu au Nord à Buenos Aires comptez 20 heures, de la capitale jusqu'à Rio Gallegos au sud il vous faudra 55heures (si vous n'avez pas de retard)... 
Ainsi si le loueur de voiture vous affirme que votre programme de la journée est bien trop ambitieux, croyez-le et suivez son itinéraire.
Fières modèles d'aventurières françaises, embarquées dans une Ford Ka en plastique, nous nous sommes laissées le bénéfice du doute et sommes parties selon un itinéraire bien établi durant les 10 heures de bus nous menant jusqu'à Cordoba.
En une demi journée, nous n'avions même pas rempli la moitié du programme que nous étions donné.  Nous voulions visiter les parcs nationaux entourant la ville de Cordoba, deuxième ville du pays, réputée pour la beauté de ces alentours. A bien y repenser, il faudrait surement une bonne semaine pour tout voir et avoir le temps de faire toutes les randonnées et treks proposés. Mais même en revoyant votre programme à la baisse vous ne pouvez être déçue du paysage. Les steppes de la pampa sont multiples et la végétation évolue d'une vallée à l'autre. L'expérience de la conduite dans ces plaines infinies est magique. Vous avez le sentiment d'être seul, partant à la découverte d'une terre inhabitée. Et même si vous croisez quelques routiers et bus touristiques (parfois des cyclistes masochistes aussi), vous tracez votre propre route. 

Le Parc National del Condorito, connu pour les vols en basse altitude de Condor (comme son nom l'indique) est magnifique, splendide. La nature y est dorée et les herbes, caressées par le vent, prennent des reflets inoubliables.

 
2°: Partez avec un plein d'essences, des provisions et une bonne carte

Visiter les terres argentines est aussi synonymes d'isolement et de solitude. Les habitations sont rares, les supers marchés et les stations essences encore plus. Ce que vous risquez de croiser le plus souvent sur ces routes sont les patrouilles de police. 
Afin de réussir votre voyage, je vous conseille donc fortement de partir aussi bien équipés que possible: eau (car il fait chaud même en Hiver et malgré les annonces de neige), essence, nourriture et carte de la région. Les plans de la région de Cordoba ne sont pas les plus fiables. Nous avions prévu notre road trip et demandé une carte à l'office de tourisme de la région de Cordoba. Il s'est avéré que cette carte, comme celle dont nous disposions dans nos guides, était obsolète et qu'aucune d'entre elles ne coïncidaient. Quand vous ne croisez personne sur plusieurs dizaines de kilomètres, il devient assez facile de persister sur une mauvaise route et de faire une trentaine de kilomètres dans la brousse pour rien.
De plus une bonne carte vous permettra de prévoir la qualité de la route sur la quelle vous vous aventurez. Il n'existe bien sur aucune autoroutes, les routes nationales sont surement les plus fiables, mais rapidement sorti de ces gros axes, vous vous apercevez que le reste du réseau est fait de chemin de terre, de nid de poule, de ravins et de graviers... Sportif et douloureux pour vos fesses si vous n'avez pas loué un 4X4.



3°: Évitez de conduire de nuit

Pour aller jusqu'au bout de la découverte, nous avions décidé de vivre deux jours dans une estancia. Conseillée par le Lonely Planet, proposant des prix résonnables, elle était indiquée à une heure trente de route de la ville de la Cumbre au Nord de Cordoba. Une heure trente en 4X4 pour quelqu'un qui connait la route et qui n'hésite pas à faire du 60 km/h sur une route non bitumée et cabossée.
Pour une conductrice de bas étages qui tient à sa caution, le temps peut largement être multiplié par deux. Si en  plus cette touriste décide de la faire de nuit sans avoir véritable vérifier la plan qu'elle avait trouvé sur internet, elle peut compter 5 heures de routes, de frayeurs, de crise de nerfs...
Quand votre hôte vous dis: "à gauche après la rivière, le portail est blanc". Ne comprenez pas: "vous allez traversez un pont puis tout de suite après sur votre gauche il y aura un jolie portail blanc et vous serez arrivé." Comprenez plutôt: "Vous devez conduire une bonne heure, descendre tout le ravin (évitez de faire demi tour) en direction de la rivière. Vous devrez traverser cinq torrents avant de traverser (toujours sans pont) une rivière de 50 mètre de larges avec votre Ford Ka. Une fois sur la route roulez à nouveau pendant un bon quart d'heures puis prenez la route de droite au croisement, puis après à nouveau trente minute de route vous verrez une portail blanc sans aucune information que vous devez passer. Vous en passerez encore une dizaine en montant dans la montagne sur une route plutôt pourrie et au bout de ce long long long long long chemin vous atteindrez ma propriété. Là vous croiserez de boeufs en liberté et peu heureux d'être réveillés dans leur tranquille soirée par deux touristes françaises et enfin ENFIN vous arriverez à l'Estancia".
L'évaluation des distances est radicalement différente. Les argentins vivant dans la pampa, sont habitués à devoir faire des heures de route pour traverser leur propriété et pour enfin pouvoir se socialiser dans un village de 200 personnes. Les habitations sont tellement esseulées sur tout les territoire que cela est normal, quotidien, classique... Pour un jeune citadins cela est plutôt dur à comprendre au premier abord.

Une chose est sure je n'oublierez pas cette nuit de route, surement la plus dure de toute ma vie, mais je n'oubliez pas l'accueil reçu dans l'estancia, ni la beauté du paysage à l'arrivée... Être isolé à un prix mais à surtout des avantages et celui du paysage, du calme et de la liberté est sans doute le plus beau. 




4°: Profitez du calme et de la solitude avant de faire la route dans le sens inverse

Mais n'importe où dans la pampa argentine vous pourrez découvrir la réalité de la vie des gauchos. Au milieu de leurs immenses estancias, seuls maîtres sur leurs terres, ces propriétaires terriens sont entourés de leur famille, de leurs employés et de la nature. De jour marchez quelques centaines de maîtres et vous trouvez un court d'eau, une vue splendide sur la vallée, une vache amicale... De nuit, vous découvrirez le ciel plus pure que jamais, puisque la première lumière de la ville est à plus de 60 kilomètres. Vous serez au calme, seul et prêt à remplir vos poumons d'air frais...
Ce choix de vie n'est pas le plus évident, mais vivre quelques jours à ce rythme vous permet de comprendre le mode de vie de nombreux argentins et de la réalité de leur quotidiens...


Dire que vous allez visiter la pampa serait erroné. Vous pouvez au mieux en voir un petit exemple, mais vous en tirerez beaucoup et les rencontres que vous ferez vaudront à coup sur le détour. En espérant que ces quelques conseils vous soient utiles. 

jeudi 1 septembre 2011

Facultad de Ciencias Sociales...


Pour tous ceux d'entre vous qui trouve que les graffitis dégradent les façades de universités, je déconseille l'entrée dans l'Universidad de las Ciencias Sociales de Buenos Aires. Le graffiti et l'affichage murale sont deux activités particulièrement développées chez les jeunes étudiants portenos. Oubliés les couloirs tristounets et maussades, bonjour les peintures multicolores et les portrait du Che! Sincèrement, il pourrait exister un concours national du meilleur "étudiant-peintre en mur universitaire".

Au premier abord, on pense à des restes de manifestations et de blocus antérieurs! Il n'en ai rien. Les messages sont très sérieux et totalement d'actualité. Ils peuvent être des affiches politiques et annonces meetings, des listes d'évènements culturels, de simples tableaux sur lesquels chacun peu laisser libre court à son imagination... Après un rapide tour des universités d'économie, de médecines, de sciences, on se rend compte que cet apanage est uniquement celui des étudiants en sociologie et sciences politiques. Leur engagement est comme multiplié, décuplé... Et cela se répercute aussi dans le déroulement même des cours. Aucun professeurs ne peut faire dix minutes de cours sans être intérompu par un petit groupe d'èleves venus proposer une revue, un prospectus, une conférence ou même un meeting politique. Ainsi les peintures et décorations sont la partie émergée de l'iceberg!

Pour les étudiants étrangers, cela est une bonne leçon d'engagement. Les étudiants semblent pour certains vivre à l'université, maté dans une main, feuillets dans l'autre... Cependant, cette technique manque d'une certaine vision écologique, puisque la séduction d'autres élèves passe par la distribution quotidienne de tonnes de papiers! La fin justifie les moyens, et les forfaits photocopies facilitent les choses!

Uruguay...





3 millions d'habitants
176 000 kilomètres carrés
200 ans d'indépendance
Capitale : Montevideo
Langue : Castillan au accents rioplatenses

Au Nord Est de l'Argentine, niché dans le Delta du Rio de la Plata, se trouve la République Orientale de l'Uruguay.



A seulement trois de Buenos Aires, vous êtes en Uruguay, en cinq heures à Montevideo, capitale de la République Orientale de l'Uruguay. Autant dire un timing parfait pour un long week-end pleins de découvertes et de rencontres. 


L’Uruguay est peu connu des européens et pourtant il est l'un des états les plus développés de l'Amérique Latine (tant économiquement que socialement). Pendant longtemps, cela lui a valu le surnom de "Suisse de l'Amérique". Et ce petit sobriquet s'applique aussi bien à la "réussite" (tout est relatif) économique du pays qu'à  sa tranquillité et son rythme de vie.

De sa frontière amazonienne avec le Brésil, à ces plages de sables fin de Punta del Este, l'Uruguay est un pays au paysages et à la beauté insoupçonnée et ignorée. Embarquez sur un BuqueBus à Puerto Madryn et traversez l'immense delta du Rio de la Plata. En quittant les rives argentines vous découvrez une vue magnifique de Buenos Aires et de son parc écologique, en vous approchant des côtes uruguayennes vous apercevez une nature verdoyantes, des îles fluviales et un pays bien calme.


Partage des avenues à Montevideo
Une fois à terre, montez dans un bus et laissez vous conduire... La coutume veut que bercés, par la musique et la conduite tranquille du chauffeur, tous les passagers s'endorment. Pourtant les routes nationales (puisqu'il n'y a pas d'autoroutes, cela va sans dire) ne sont pas de tout repos. Entre déviations et voitures à contresens... la surprise est au rendez-vous ! Seulement vous avez déjà pris le rythme uruguayen et vous vous laissez porter.




Teatro Solis
Et puis Montevideo, la capitale ! Contrairement à la frénétique et infatigable Buenos Aires, la ville de Montevideo est calme, reposante, presque monacale. Du centre historique aux rues pleines de boliches (boîte de nuit en Amérique du Sud), la même tranquillité règne !
Une ville où tout est petit et sans démesure mais où les paysages sont infinis! Je conseillerai pas Montevideo à ceux d'entre vous qui rêve d'une vie nocturne trépidante, je conseillerai Montevideo à ceux qui souhaitent se plonger au cœur de l'Amérique latine et rencontrer ces habitants.


La Rambla de Montevideo
Et pour mieux vous découvrir la vie uruguayenne : prenez le temps de vous balader sur les plages et jetées de la ville, goinfrez-vous de pâtisserie à la confiture de lait et à la noix de coco (il y en a aussi ici, mais encore différentes des argentines), discutez avec les passants et baladez vous dans la Feria du dimanche matin. Cet immense marché est sans doute l’endroit le plus caractéristique de la ville. Sur des kilomètres les avenues sont bloquées à la circulation et deviennent d'immense marché, on y trouve de tout... Pulls à paillette, montres à gousset, livres de chevet, matés, étals de légumes...




Montevideo est une ville idéale pour quelques jours de week-end ou un court arrêt pendant un road trip Sud américain.

Rue des Soupirs
Colonia del Sacramento, à deux heures de Montevideo sur la route du retour vers Buenos Aires, est un petit port fluvial magnifique. Rues pavées, maisons colorées, immenses plages... En été, ce village est un lieu privilégié pour les portenos en vacance, en hiver elle est plus tranquille et propice à de belles balades (moins de bronzette!). Montevideo est une petite capitale et découvrir une autre ville dans le pays, vous fait comprendre que le pays est un petit écrin du Rio de la Plata, peu peuplé et sauvegardé à l'image de Colonia del Sacramento.




A NE PAS RATER: La glace CRUFI, introuvable en Argentine et pourtant mémorable!